Gntique du saumon atlantique et d'autres poissons

Participants: Manon Cassista-Da Ros (biologiste moléculaire), Carolyn Harvie (biostatisticienne, évaluation), Louise de Mestral Bezanson (technicienne en biologie) and Patrick O'Reilly (chercheur scientifique)

Génétique moléculaire, filiation, parenté et analyses de population à l'appui de la conservation et de la gestion du saumon atlantique et d'autres poissons.

Diversité génétique et succès de la reproduction chez le saumon atlantique

Les populations anadromes sauvages de saumon atlantique (Salmo salar) diminuent rapidement dans toute la moitié sud de l'aire de répartition de l'espèce en eau douce. Notre groupe procède à des analyses dans le but de réduire à la fois la perte de diversité génétique et la baisse du succès de reproduction dans les petites populations semi captives en Nouvelle-écosse et au Nouveau Brunswick. à l'aide de l'information généalogique issue des données de génétique moléculaire et des analyses subséquentes de filiation et de parenté, nous tentons de maximiser la rétention de la diversité génétique des fondateurs et de réduire sa perte par dérive génétique chez les générations subséquentes. En collaboration avec des chercheurs de plusieurs universités, nous cherchons aussi à déterminer si ces programmes parviennent à réduire l'adaptation aux conditions de captivité et la baisse du succès de reproduction dans la nature. L'information recueillie sur les taux de perte de diversité génétique et les changements dans le comportement, la morphologie et la survie découlant de certaines techniques de gestion servira à adapter les stratégies actuelles afin que le saumon réussisse à survivre et à se reproduire dans l'habitat de sa rivière d'origine et qu'il conserve une diversité génétique suffisante pour permettre à ses populations de s'adapter aux difficultés environnementales qui pourraient se présenter dans l'avenir.

Population et structure génétique

L'établissement de la structure génétique des poissons peut servir à la fois à identifier les stocks de poissons ou les groupes d'individus indépendants sur le plan démographique d'autres groupes du genre et à cerner les composantes importantes de la biodiversité d'une espèce à des fins générales de conservation de cette espèce. C'est pourquoi notre groupe a entrepris d'analyser la variation des microsatellites, du PNS (polymorphisme d'un nucléotide simple) et du CMH (complexe majeur d'histocompatibilité) chez les poissons anadromes et les poissons de mer. Notre travail est axé surtout sur le saumon atlantique - à propos duquel nous avons accumulé des données de génotypage portant sur plus de 18 000 individus originaires d'une bonne quarantaine de populations dans les Maritimes – mais nous étudions aussi la morue franche (Gadus morhua).

Étude des interactions entre le saumon sauvage
et le saumon d'élevage en Amérique du Nord

Sur la côte est de l'Amérique du Nord, c'est dans la baie de Fundy et dans le golfe du Maine que l'aquaculture du saumon atlantique est la plus intense. Mais c'est là aussi qu'on trouve de nombreuses populations de saumons sauvages dont l'effectif est appauvri ou qui sont en voie de disparition. Notre groupe s'intéresse également aux évadés des piscicultures, cherchant à déterminer s'ils ont eu des incidences sur les populations sauvages appauvries, soit directement par introgression, soit indirectement par l'introduction et la transmission de pathogènes. Un de nos projets comprend des analyses de la variation du CMH chez les populations sauvages avant et après l'implantation de l'aquaculture dans la région ainsi que chez les populations proches et les populations distantes des baies de Passamoquoddy et de Cobscook, qui se caractérisent par une grande concentration d'exploitations salmonicoles.